mercredi 4 avril 2007

Face à soi

Comment parler de psychanalyse? Comment parler de la sienne, surtout?

Je pense que fondamentalement, ce n'est pas le but de partager avec des tiers ce qui s'y passe. Ce n'est pas nécessaire pour le travail psychanalytique. Par contre, d'un point de vue relationnel cela peut s'avérer important, notamment au niveau du couple, du moment qu'on souhaite rester réellement connectée à l'autre, exclus du processus.

Et puis, au-delà du couple, j'ai besoin de le dire, je ne peux pas taire que je suis en train de vivre une expérience effrayante et revigorante (vous avez dû vous en rendre compte ;-) ! Même face à soi, besoin de témoins...

Heureusement que j'ai trouvé quelqu'un qui en parle de manière merveilleusement pertinente et derrière qui je vais m'abriter : Pierre Rey, dans son ouvrage Une saison chez Lacan. Voici un petit extrait dans lequel je me retrouve (p.89-90):

"A partir de là, j'acceptai d'être nu, je ne cherchai plus qu'à comprendre. Malheureusement, plus j'avançais, moins je comprenais. Chaque pas en avant, ouvrant un champ nouveau de mon inconscient à ma conscience, n'avait pour effet que de me dérober un peu plus ce que je croyais avoir entrevu la veille en me faisant durement sentir la décourageante étendue de ce que j'ignorais.
(...)
La longe bien en main, il ne me donnait aucune indication sur la multitude d'impasses où je m'enlisais. Je croyais avoir trouvé. Je quêtais son approbation. Il acquiesçait d'un sourire. Je sortais de chez lui avec la certitude de tenir quelque chose. La nuit la détruisait : ce n'était pas ça. J'étais donc en droit d'interpréter ses silences devant mes tâtonnements ou l'éclat affiché de mes sophismes comme autant de mensonges de sa part.

J'en tirai deux enseignements.
Le premier, à trouver tout seul. Je n'avais aucune aide à attendre de lui. Mais, chaque réponse amenant une autre question, comment savoir, afin d'y prendre appui pour aller plus loin, si je manipulais la bonne réponse? Le temps jouant son rôle, je le découvris par mes propres moyens : quand je possédais la bonne réponse, la question, soudainement vidée de toute substance, perdait sa raisons d'être et disparaissait d'elle-même. Tour à tour, la multitude de ses facettes m'étaient apparues en pleine lumière : plus de zone d'ombre. A ce stade de certitude ressentie, apaisement et jubilation confondues, je n'avais même plus à demander l'avis de Lacan : Je savais.

Le second était plus troublant : le mensonge de l'Autre est parfois nécessaire pour aboutir à sa propre vérité."

(Photo par Luc)

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Verstehe ich richtig, wenn ich Dantes Warnung über dem Eingang zur Hölle auf die Analyse übertrage und variiere: Lasst, die ihr eintretet, alle Hoffnung auf Selbstillusionen fahren.
jacques

Mecha a dit…

Jo, daat ass wuel eent vun den Zieler...

Anonyme a dit…

Und doch brauchen wir diese. Vermutlich liegt die gute Mitte im Umgang mit den Illsuionen zwischen den Konsruktionen und ihren Dauerkorrekturen oder- adaptationen.
Zu vermeiden: die Panzerung.
Jacques

Mecha a dit…

An menger Opfaassung geet et bei enger Analyse net an eischter Linn em Zersteirung vun Illusiounen iwert sech selwer. Et geet drem z'erkennen vun waat een determineiert ass fir esou gut ewei meiglech domat kennen ze liewen. Den Narzissmus get net speziell geschount bei daer Operatioun, mee daat ass de Prais vun der Befreiung vum Panzer.

Jacques a dit…

Dass die Zerstörung von Illusionen kein analytischer Selbstzweck ist, passt mir gut ins Konzept. Gerade mache ich mir Gedanken über die Frage: Wieviel Illusion braucht der Mensch?