vendredi 8 juin 2007

Retour à Luxembourg

En délaissant un des quartiers les plus pauvres de Liège pour poser mes valises dans un des quartiers les plus aisés de Luxembourg, j'ouvre grand les yeux et je me sens Mecha au pays des merveilles. Je ne cesse de prendre la mesure de la prospérité ambiante. Je savais bien sûr qu'il y a de l'argent à Luxembourg, mais quand je vois le matin défiler les porsches décapotables et les BMW et les 4X4, sans parler des créatures sublimemement vêtues à l'intérieur, je réalise que je suis originaire d'un pays richissime. C'est le genre d'idée qui ne m'est jamais venu à l'esprit lors des 19 ans que j'y ai vécu.

C'est donc un étonnement renouvelé que je vis, chaque fois que j'y suis maintenant, et je me sens parfaitement étrangère à ce monde. Il m'arrive d'avoir des mauvaises pensées en voyant ces gens, j'imagine leur vie, les innombrables heures qu'ils passent face à des chiffres sur un écran, j'imagine leurs soucis: quelles vacances, quelle voiture, quels vêtements? J'imagine leurs rêves, copies conformes d'une pub pour une voiture ou un parfum ou autre chose qui coûte chère. A force de se laisser guider par cette imagerie, ils y ressemblent.

Et puis je me ressaisis. Je me dis : De quel droit tu juges, toi qui es née ici, qui n'as jamais manqué de rien, qui as pu faire le choix de chercher autre chose? Et je me contente de remercier tout bas ceux qui m'ont élevée, et qui ont été capables de détourner mon regard vers des valeurs autres que matérielles.

A Liège aussi, je peux porter un regard dur sur certaines personnes, sur tel alcoolo accoudé au comptoir avant 10h du matin, sur telle autre momie porteuse d'une presque-burka. Mais je ne les fourre pas tous dans le même sac. Avec eux, je fais appel à l'universellement humain et j'arrive à abattre certaines frontières. Avec les nouveaux-riches de Luxembourg, je reste fixée à l'image imposée par les symboles fièrement arborés de leur appartenance sociale.

(Photo: Luxembourg, Musée National d'Histoire et d'Art. Luxembourg est capitale européenne de la culture cette année, il y a une foule d'événements passionnants!)

4 commentaires:

jacques a dit…

Es gibt eine Frage, die man ohne absolute Referenzen nicht klären kann, und als es diese noch gab, erwiesen sie sich als hoch problematisch und prekär:

Mit welcher Sicherheit lässt sich objektiv feststellen, dass andere Lebensformen- und -weisen - vom gestylten Neureichen zum alkoholisierten Stadtstreicher - weniger richtig, wahr, wesentlich oder glücklich sind als die eigene?

Was sicher ist: für mich kämen beide Lebensformen und viele andere nicht in Frage, weil sie meinen Erwartungen und Vorstellungen nicht entsprechen. Doch gibt es eine objektive Wertung, welche diese rein subjektive überwindet? Wenn man bedenkt, dass sogar das Glück keine intersubjektiven Messbarkeitskriterien kennt, um von den ethischen Fragen ganz zu schweigen.

Ist diese fundamentale Unsicherheit vielleicht die Grundlage der Demokratie?

Sophie a dit…

Je pensais que tu étais belge...
Ma soeur vit à Luxembourg depuis une quinzaine d'années. Et je sais qu'une des choses qui me surprend quand j'y vais, c'est la nature du parc automobile! Et comme me l'a fait remarquer ma soeur, les luxembourgeois ont presque tous deux garages...
Mes neveux et nièces ont les deux nationalités [française et luxembourgeoise] et ma soeur apprécie que ses enfants gardent des liens serrés avec les french cousins et leur mode de vie assez différent des copains fréquentés à l'école...

Mecha a dit…

@jacques
Oh, ech wees dat daat subjektiv ass an ech mengen doofir get "jugeiren" jo och am Fong als problematesch ugesin...sech besser fillen ouni objektiv Kriteren. Mee jidfereen mecht et, quasi! Den Post duerno weist dann d'Inkoherenz vun menger subjektiver Positioun...

@ Sophie
J'aurais jamais osé appeler la Belgique "un tout petit pays" ;-) Je comprends que ta famille se raccroche plutôt à l'identité française, bien plus consistante. C'est quoi les différences dans le mode de vie qu'elle évoque?

Sophie a dit…

Bonjour Mecha!
La plupart des copains de classe de ses enfants ont un mode de vie très axé sur tout ce qu'on peut faire avec plein de sous. Vacances au ski dans des stations super chics [chiques?!], vacances à l'étranger dans des conditions très très "confort", enfin beaucoup de choses en relation avec ce que tu décris, les sous et le besoin de monter qu'on en a...
Alors elle aime bien que ses enfants goûtent à nos séjours communs dans une toute petite station de ski des vosges, en camping sous tente aux pays-bas ou ailleurs, à nos picnic en tous lieux...Est-ce un mode de vie avec une french touch, je ne sais pas...peut-être juste un mode de vie avec pas beaucoup de sous, des plaisirs ailleurs que dans l'apparence, et pas de problème avec ça!...
[mon petit neveu qui a 14 ans ne peut s'empêcher de dire/demander le prix de tout...et ça gêne/agace profondément ma soeur...]
Tu m'as bien fait sourire à propos de la belgique!...