jeudi 10 janvier 2008

Attaque!!!!!




Lorsque l'on pousse un objet qui résiste et cet objet cède soudainement, on est du moins étonné, sinon effrayé, désemparée. L'énergie déployée risque de nous envoyer dans le décor. L'obstacle éliminé, le vide nous accueille les bras ouverts.

C'est un peu l'expérience que j'ai faite en escaladant le Mont Meru. J'étais si heureuse de le deviner devant moi dans les nuages, sachant que pendant trois jours ma vie serait sous son joug délicieux. Sachant que pendant tout ce petit temps, mon regard ne serait attiré que par son sommet glacial, mon être heureux dans le nirvana de la concentration et de l'effort. Quand après 6h d'ascente nocturne nous sommes arrivés, je n'étais pas joyeuse. Un vague sentiment de fierté était là, dominée par la fatigue et...rien. C'était fini. Il fallait rebrousser chemin.
Cette expérience m'a définitvement fait comprendre à quel point le défi m'est vital. A quel point mon être se soutient dans l'engagement, la lutte, l'effort. Sans, je m'ennuie, je m'emmerde, je m'abrutis, je déprime. Le dégoût de l'école où nous pourrissions passifs dans les bancs, c'était ça aussi.

Là, contre toutes attentes, une petite forteresse vient de céder. L'association pour la santé mentale des réfugiés et migrants que nous construisons au Luxembourg depuis 2005 se dotera très probablement de deux-mi temps psychologues à partir de mars/avril. Je pourrais être de ceux-là, être payée pour continuer ce projet que je considère un peu comme mon bébé. Une décision s'impose rapidement.

De toute façon je suis très heureuse de cette avancée. Pas de doute, la lutte ne fait que commencer.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Mecha! Quelle fantastique nouvelle!!! Je comprends que la décision n'est pas facile... Je peux déjà féliciter? Un skype s'impose! x farmalola, previously known as chemical lola
(bon, je comprends pas comment ça marche avec cette nouvelle fenêtre avec les mots de passe, donc je suis anonyme)

jacques a dit…

Voici une citation que j'ai trouvée dans un livre que j'apprécie beaucoup (Alain: Propos sur le bonheur):

-En réalité, les motifs qu'on a d'être heureux ou malheureux sont sans poids; tout dépend de notre corps et de ses fonctions, et l'organisme le plus robuste passe chaque jour de la tension à la dépression, de la dépression à la
tension, et bien des fois, selon les repas, les marches, les efforts d'attention, la lecture et le temps qu'il fait; votre humeur monte et descend là-dessus,
comme le bateau sur les vagues. Ce ne sont pour l'ordinaire que des nuances dans le gris; tant que l'on est occupé, on n'y pense point; mais dès qu'on a le temps d'y penser, et que l'on y pense avec application, les petites raisons viennent en foule, et vous croyez qu'elles sont causes alors qu'elles sont effets.
(Alain: Propos sur le bonheur (1928) IV Neurasthénie 22 février 1908)

lolotte a dit…

Bravo Mecha!
Tu sais, souvent en montagne, on croit voir le sommet mais en y arrivant, on réalise qu'il est derrnière et qu'on a à peine parcouru la moitié du chemin.
Cette nouvelle, n'est-ce pas le premier petit sommet. Derrière il y a tout ce projet à développer et à construire, ce qui représente un nouveau défi.

dja a dit…

C'est bon comme nouvelle ça !

Mecha a dit…

Merci pour vos petits mots, c'est un petit bonheur à chaque fois! Le Mont Meru nous avait beaucoup dupé avec ses "faux" sommets, mais ici, c'est sûr, c'est le début de quelque chose, je ne cherche pas le sommet!

L'action est un formidable remède contre la névrose, en tout cas pour moi. J'aimais beaucoup la phrase de Margret Steckel: "Besessene sind Gerettete"- qui considère les gens passionnés comme des gens "sauvés"...