lundi 15 octobre 2007

Le corps bleu et l'âme blanche

C'est l'Homme qui l'a découverte, il y a deux jours. Il avait l'air songeur en regardant le tableau. Je lui ai posé LA question: A quoi tu penses? Il me l'a dit.

Pourtant, cela fait un an et demi que le Nu Bleu I trône dans notre chambre. Je n'avais jamais remarqué que le blanc du tableau représente une Madone. Maintenant je ne vois plus que ça. A force d'y regarder, je trouve même que la Madone ressemble à un énorme spermatozoïde, à l'intérieur du Nu. Franchement, c'est mieux qu'un Rorschach pour titiller l'inconscient.

Et Matisse, il a fait exprès? Il travaillait à partir de quel degré de conscience, avec ses papiers coloriés et découpés?

(Très art, ce weekend. On a visité quelques ateliers d'artistes du quartier, ouverts au public dans le cadre d'"Itinéraires d'artistes". J'étais fascinée par les superbes espaces qui s'ouvrent derrière des portes quelconques et où oeuvrent toutes sortes de personnes. C'est donc vrai, il y a pas mal d'artistes dans le quartier.)

3 commentaires:

lolotte a dit…

La madone, je vois. Le spermatozoïde, c'est plus abstrait...
Mais l'association me plait!
C'est vrai que finalement rorschach n'a rien inventé. Je me souviens que petite, je passais mon temps à deviner des formes dans les plis des rideaux, les nervures de la table, les formes des pavés... notre inconscient se sait de toutes les occasions pour s'exprimer...

jacques a dit…

Vielleicht taucht die Form aus dem Unbewussten auf, vielleicht ist sie zufällig entstanden? Letzteres würden die Freudianer wohl leugnen.
Nehmen wir an, Matisse hat die Madonnen-Form bewusst eingefügt. Welche Aussage könnte man daraus lesen? Dass jede Frau in ihrem Innern eine Mutter Gottes ist? Dass jedes Kind ein Kind Gottes ist? Oder wollte er einfach die Frau in ihrer sinnlichen Nacktheit mit der Reinheit Mariens verbinden, also die vermeintlichen Gegensätze aufheben in einer coincidentia oppositorum?
Solche Entdeckungen reizen immer zu Spekulationen.

Mecha a dit…

C'est le propre de l'humain de vouloir donner un sens à ce que perçoivent nos sens.
Et c'est vrai, j'aime la surenchère de sens contradictoires ici: creux et protubérance, sainte et putain, sacré et sensuel, biologique et artistique.
Je pense qu'être artiste, c'est être capable de laisser la porte ouverte à l'inconscient, de manière à ce qu'il provoque le hasard.