samedi 22 décembre 2007

Atterrissage en perspective

De retour depuis deux jours, je retrouve avec bonheur mes amours et mes repères. Mais je ne peux me résoudre à tourner définitivement la page de ce voyage, le matin je me révéille désorientée...le chaud, le froid, le Nord, le Sud... Qui suis-je, où suis-je, avec qui, et pourquoi? La nuit dernière, tout sens avait déserté le champ de ma pensée. J'ai rêvé avoir succombé à la folie.

Je pense qu'il faudrait ranger les expériences dans des petits tiroirs triés et labellisés. Mais j'hésite encore. Le mot tue la chose.

6 commentaires:

dja a dit…

Bienvenue en hiver ! Ca doit te faire un sacré changement.
C'est marrant, contrairement à toi, je ne pense pas que le mot tue la chose. Pour moi, le mot "défini" la chose. Et même "définie", la chose reste là.
Bonnes fêtes !

dja a dit…

"définit"

lolotte a dit…

Oui mais définir n'est-ce pas justement en finir avec? Tenter de cerner et de saisir, et donc d'en limiter la portée ou la résonance (j'ai d'abord écrit raisonance - comme si la raison venait là normer ou contenir la chose)
De la musique, de la poésie, des impressions avant toute chose pour la chose s'envole...
Bon retour à toi Mecha et joyeux noël!

dja a dit…

j'entends par "définir", mettre des mots, des impressions dessus, qu'ils ou elles soient justes ou pas... et pouvoir prendre de la distance, s'envoler comme tu dis lolotte, et y revenir, fatalement, car finalement la chose est toujours là.
Bon allez, j'arrête de philosopher de bon matin.
Bon dimanche avec 2 minutes de soleil en plus ! trop chouette !

lolotte a dit…

Pardon dja, c'est moi qui ai abusivement utilisé et transformé ce que tu disais pour réussir à caser ce que j'avais envie de dire!
Et bien sûr que pour moi l'écriture est essentielle pour aller plus loin, prendre du champ, entrer justement en résonnance (avec deux n!)...

Mecha a dit…

Oh, que c'est chouette de trouver cette discussion!

J'aime moi aussi dire les choses, les formuler, les circonscrire, les définir, sachant que le mot est autre chose que la chose.
Et comme tu dis dja, la chose reste intacte, elle ne disparaît pas, juste parce qu'on crée un univers parallèle.
Et pourtant...personnellement j'ai trouvé que la chose a tendance à s'éclipser lorsque je sors les mots. En fait je me suis trop souvent défendue du réel par la parole, j'ai trop souvent voulu évacuer la chose, c'est si rassurant.
Là je crois que j'ai enfin développé une certaine capacité à soutenir le mutisme du réel, me cantonner (parfois) au stade de la perception, être réceptif au lieu d'être productif. Mais après-coup, c'est peut-être le mot qui peut faire survivre la chose.

Hmmm, malgré le froid, c'est agréable de retomber par ici dans un si beau moment de l'année. Je vous souhaite à toutes les deux de belles fêtes! A bientôt!