J'ai du mal à retrouver un rythme de travail. Enfin...c'est un bel euphémisme. Je n'en fous pas une, exprime bien mieux l'état actuel des choses. Le blog s'en ressent car le billet quotidien s'insère chez moi dans une routine liée au travail, et s'effondre automatiquement avec elle.
La faute aux fêtes qui passent avec leur cortège de verres et de microévénements demandant par la suite une journée d'intégration et de désintoxication. La faute aussi aux voyages auxquels je rêve. Et la faute à mon directeur de thèse qui n'a pas le temps de me recevoir.
Ce weekend, on a fêté les 90 ans de l'amie d'enfance de ma grand-mère, qui s'est mariée avec un Flamand. Elles se sont rencontrées, jeunes filles, dans une colonie de vacances avant la seconde guerre mondiale, et étaient amies depuis. J'ai très envie de dire "elles sont amies depuis", mais ma grand-mère n'est plus depuis 6 ans. C'est donc pour introduire encore du présent dans cette histoire que j'ai voulu y être.
Mais c'est aussi parce que cette famille réellement nombreuse est une créature fascinante, avec à sa tête cette femme si gentille, et que nous y appartenons comme un bras à Shiva. Pour moi, elle incorpore véritablement une espèce de mère archaïque, une Urmutter. Une femme généreuse, fertile et heureuse de l'être. Elle a mis au monde 8 enfants, et petite je jouais dans l'énorme jardin avec les enfants de ses enfants. Dimanche, ce sont ses arrière petits-enfants qui ont joué à cache-cache dans les buissons.
Moi j'ai fixé des visages et j'ai tenté d'y associer des noms. Certains ont grandi, d'autres ont vieilli, mais le son dans lequel baignent les rencontres est toujours le même. Sauf qu'aujourd'hui je comprends mieux les mots flamands. J'ai papoté au soleil, endimanchée, avec l'Homme à mes côtés. C'était une belle fête.
(Photo: Yanick, fête des 35 ans)