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lundi 14 janvier 2008

Affronter la récolte

Manque de discipline et malhonnêteté intellectuelle, tel est le verdict que je porte actuellement sur moi-même si j'en crois mon inconscient. Dans le rêve de cette nuit, je passais un test en maths que je n'avais pas préparé. Cela ne m'intéressait pas. Je trichais donc, sans aucune gêne, en me servant ostensiblement du manuel scolaire. Mais à la dernière minute, la supercherie est découverte. Je perds la face et tout le monde me regarde de travers. Tzz, elle n'est qu'une tricheuse!

C'est un peu l'équivalent du rêve du grand concert où le rêveur réalise au dernier moment qu'il n'a jamais appris à jouer du piano. C'est bien ce que je ressens face au matériel récolté et qu'il faudra, après une absence de deux mois, analyser de fond en comble. C'est une tâche charnière. C'est le moment où va réellement se dévoiler (ou non) l'intérêt de ma question de recherche. C'est du créatif. Et je m'y mets avec l'enthousiasme d'une fonctionnaire.

La vie était incroyablement douce ces derniers jours, ces dernières semaines, ces derniers mois. Pourquoi se faire du mal? Je suis devenue une enfant gâtée qui ne suit que ses envies, contente d'elle-même. Et qui n'a pas envie de faire ses devoirs en attendant qu'elle soit assez grande pour réaliser son rêve.

vendredi 11 janvier 2008

Du calme poupoule...

C'est ce que je me dis à moi-même. Ne t'emballe pas! Les fonds ne sont pas encore accordés, même si nos alliés sont compétents et reconnus. Et puis, je ne suis pas la seule du groupe à être intéressée par le poste, car le deuxième mi-temps, nous comptons le fractionner en freelance, histoire de pouvoir utiliser l'argent pour différents cliniciens. Et puis, et puis, et puis...comment ferais-je pour vivre entre Luxembourg et Liège? Avec quelle qualité de vie? Et si j'accepte, suis-je assez compétente ? Coordination d'équipe, consultations, relations publiques, gestion journalière et accueil de la demande... Tout cela sur le terrain socio-psy dense et miné du Luxembourg.

J'aime les défis, mais il me semble qu'il y en a que je n'ai pas encore mené très loin... Il faudrait une sacrée discipline pour faire avancer la thèse avec un mi-temps à Luxembourg.

Bon, je ne duperais personne avec mes arguments, dans le fond de mon coeur c'est oui, oui, trois fois oui! Vive la fuite en avant!

jeudi 10 janvier 2008

Attaque!!!!!




Lorsque l'on pousse un objet qui résiste et cet objet cède soudainement, on est du moins étonné, sinon effrayé, désemparée. L'énergie déployée risque de nous envoyer dans le décor. L'obstacle éliminé, le vide nous accueille les bras ouverts.

C'est un peu l'expérience que j'ai faite en escaladant le Mont Meru. J'étais si heureuse de le deviner devant moi dans les nuages, sachant que pendant trois jours ma vie serait sous son joug délicieux. Sachant que pendant tout ce petit temps, mon regard ne serait attiré que par son sommet glacial, mon être heureux dans le nirvana de la concentration et de l'effort. Quand après 6h d'ascente nocturne nous sommes arrivés, je n'étais pas joyeuse. Un vague sentiment de fierté était là, dominée par la fatigue et...rien. C'était fini. Il fallait rebrousser chemin.
Cette expérience m'a définitvement fait comprendre à quel point le défi m'est vital. A quel point mon être se soutient dans l'engagement, la lutte, l'effort. Sans, je m'ennuie, je m'emmerde, je m'abrutis, je déprime. Le dégoût de l'école où nous pourrissions passifs dans les bancs, c'était ça aussi.

Là, contre toutes attentes, une petite forteresse vient de céder. L'association pour la santé mentale des réfugiés et migrants que nous construisons au Luxembourg depuis 2005 se dotera très probablement de deux-mi temps psychologues à partir de mars/avril. Je pourrais être de ceux-là, être payée pour continuer ce projet que je considère un peu comme mon bébé. Une décision s'impose rapidement.

De toute façon je suis très heureuse de cette avancée. Pas de doute, la lutte ne fait que commencer.

jeudi 15 novembre 2007

Itinéraire d'un blog en voyage



J'atteris vendredi soir à Entebbe, à une trentaine de kilomètres de Kampala, la capitale de l'Ouganda. Je passe la nuit déjà bien entamée à Kampala et le lendemain je rejoins en bus mon amie à Kabale, au Sud de Mbarara. Cela va prendre quelques heures, l'occasion de m'immerger dans cette Afrique que je connais encore si peu. Ensuite on va passer deux, trois jours calmes au Lake Bunyoni (pas sur la carte), histoire de se raconter toutes nos dernières vies et de planifier un peu plus l'itinéraire. J'ai déjà choisi une bouteille de rouge à enmener... Un rouge qui ressemble à celui qu'on buvait tout au long de cette mémorable nuit passée sur le ferry entre Stockholm et Talinn.

Pour le moment, l'itinéraire ressemble à ceci:

En Ouganda (environ 2 semaines):

Fort Portal comme base de départ
pour une petite expédition dans les Rwenzori Mountains

pour la visite du Kibale Forest National Park (schimpanzés)

pour la visite des Crater Lakes


Ensuite visite de Kampala et de Jinja
Rafting sur les sources du Nile (près de Jinja)

Bus de Kampala via Nairobi à Arusha

En Tanzanie (2 semaines)
Trekking Mt. Meru (4 jours)

Expédition dans la Serengeti et Ngorogoro Conversation Area


Bus de Arusha à Dar-Es-Salaam
Ferry pour Zanzibar...quelques jours de plage


Le 19 décember, avion de Dar à Kampala, et de Kampala à Bruxelles.

Voilà, vous savez où je serai...

(Quant à la Belgique, je commence à me faire des soucis. La dynamique n'est pas bonne du tout. Plus la crise dure, plus les fronts se durcissent. Le compromis à la belge reste introuvable.)

mercredi 14 novembre 2007

En vue de

Ce voyage m'aspire comme un trou noir. La dernière transcription est bouclée, mais je n'aurais pas retravaillé mon article. Tant pis, tout est en vue de partir, maintenant.
  • Faire hiberner les géraniums à la cave.
  • Etudier le mode d'emploi de mon appareil photo.
  • Chercher deux, trois bons bouquins pour les longs transports inconfortables. Des histoires liées à l'Afrique, de préférence... Je prends déjà "Cahier Nomade" du djiboutien Waberi... D'autres idées?
  • Jouer avec les chats en vue de tous ces jours sans moi (sans eux).
  • Chercher un hotel sympa pour la deuxième nuit, la première étant réservée. J'ai trouvé une compagne de voyage pour le transfert nocturne de Entebbe à Kampala. Vive Internet!
  • Préparer le test de Néerlandais pour ce soir et prévenir le prof de mon absence.
  • Recontacter mon amie de là-bas pour reparler encore de ce qu'on prend avec.
  • Enregistrer une copie conforme de l'Homme dans ma tête.
  • Commencer à faire mon sac.
  • Derniers coups de fils aux amis et famille.
  • Calmer mon coeur, entre la trouille et l'enthousiasme.
J'ai même préparé des "Stollen" de Noël qui seront délicieux à mon retour. Si ça, c'est pas rassurant...

(Photo de Bamako, Mali)

dimanche 28 octobre 2007

Absence à venir

Face à mon départ prochain pour l'Afrique, le quotidien prend des reflets dorés. Je savoure les jours comme si c'étaient les derniers, en flottant béatement à leur surface.

(Photo: Le sable noir des volcans)

lundi 15 octobre 2007

Le corps bleu et l'âme blanche

C'est l'Homme qui l'a découverte, il y a deux jours. Il avait l'air songeur en regardant le tableau. Je lui ai posé LA question: A quoi tu penses? Il me l'a dit.

Pourtant, cela fait un an et demi que le Nu Bleu I trône dans notre chambre. Je n'avais jamais remarqué que le blanc du tableau représente une Madone. Maintenant je ne vois plus que ça. A force d'y regarder, je trouve même que la Madone ressemble à un énorme spermatozoïde, à l'intérieur du Nu. Franchement, c'est mieux qu'un Rorschach pour titiller l'inconscient.

Et Matisse, il a fait exprès? Il travaillait à partir de quel degré de conscience, avec ses papiers coloriés et découpés?

(Très art, ce weekend. On a visité quelques ateliers d'artistes du quartier, ouverts au public dans le cadre d'"Itinéraires d'artistes". J'étais fascinée par les superbes espaces qui s'ouvrent derrière des portes quelconques et où oeuvrent toutes sortes de personnes. C'est donc vrai, il y a pas mal d'artistes dans le quartier.)

lundi 8 octobre 2007

Bonnes résolutions de rentrée


  • Retrouver un rythme de travail à la place d'un rythme de plaisirs.
  • Reprendre la course à pied minimum deux fois par semaine. (Motivation: trekking africain en vue...le Mt. Meru me taquine (4566m), le Kilimandjaro c'est pas pour cette fois)
  • Arrêter de ruminer la fin de mon analyse. (Bon, je vais encore consulter l'une ou l'autre personne sur le sujet, mais après c'est basta! Comme disait un ami, je suis mal tombée, c'est tout.)
  • Faire vraiment gaffe avec l'alcool. (Soirée sympa samedi, visite des coteaux de la citadelle illuminés, cinq verres d'alcool. Résultat: mal de tête et nausées le dimanche. Je dois retenir une fois pour toutes que je ne tiens pas l'alcool!)
  • Manger des quantités normales. (Fini les repas style Italie baroque)
C'est vrai ça n'a pas l'air très drôle comme ça, mais cela tient plus d'une philospohie de vie épicurienne (éviter des souffrances futures) que de l'ascèse excessive ou de l'autopunition. Et vous, c'est quoi vos recettes pour une bonne hygiène de vie?

(Photo: soirée vins entre filles à Berlin, en 2004)

lundi 24 septembre 2007

Méli-Mélo

Levée à six heures ce matin. Il m'a fallu un moment pour comprendre que ce n'était pas le store qui rendait la chambre obscure, mais bien la nuit dehors.

C'est l'automne, la saison qui allie superbes journées dorées et premiers moments désolants de grisaille. A la radio, Monsieur Météo annonce une journée de transition.

Il y en aura deux même, de jours de transition, entre le mariage du weekend et notre départ en vacances.

Le Mariage? Il a eu lieu sous un soleil éclatant. C'était beau, c'était émouvant, j'ai effacé une larme comme au cinéma, sous mon énorme chapeau (loué et portant comme nom "le fou"). Ben oui, c'est quand même notre Cupidon qui s'est lié pour la vie, c'est l'homme qui m'a présenté l'Homme.

J'ai eu beaucoup de plaisir à jouer à la princesse: choix du chapeau, redécouverte de bijoux , pédicure, j'ai même trouvé un vernis de la même couleur que la robe, couleur "rouille".

Et puis 32 heures de fête sans relâche, en commençant par un petit-déjeuner et la bénédiction des alliances, suivi du déjeuner, des prises de photos, de l'apéro et d'un buffet champêtre, en terminant sur une soirée dansante. Je regrette juste mes limites assez nettes en matière de boisson et de bouffe.

Les photos du chapeau suivront, promis!

(Photo: Vue de mon appart à Bruxelles)

mardi 11 septembre 2007

Se concentrer

La vie est riche, ces jours-ci.
Trop riche sans doute, à croire mon promoteur qui m'a rappelé à l'ordre: "Il faut que tu te consacres à plein temps à ta thèse, maintenant."

Comment ça...comment sait-il? Qui m'a trahi?! A moins qu'il ne serait un lecteur assidu de mon blog... Etonnante, cette capacité de poser un diagnostique véritablement pertinent sans avoir lu mon dernier rapport, ni plus rien d'autre de moi, et cela depuis 2 mois. Je l'admire, car il a raison. Ou alors, il a raison parce que je l'admire... N'importe! Il faut que je plonge dans le travail, fini les petites touches par ci par là, les bricolages, les stratégies occupationnelles! Fini le "piddelen". (J'adore ce mot luxembourgeois qui signifie faire quelque chose sans grande conviction, avec une connotation de tripoter).


Tiens, en français, "consécration" et "consacrer" se ressemblent vachement. Eh oui, pour être bon, il faut le vouloir et concentrer ses forces vitales sur ce but qu'on veut atteindre. Mais moi, je veux tant de choses. Et pas de nouveau choix en vue.

(Photo par Luc, rando-vélo dans le Bourbonnais)

mercredi 5 septembre 2007

Remettre les pieds sur terre

Il est temps que je rentre, vraiment. Que je rentre dans ma vie quotidienne, que je redécouvre les agréments liés à la continuité, et surtout, il faut que je me réinvestisse dans tous ces projets en cours depuis la dernière rentrée. C'est vrai qu'il y a peu de nouveauté cette année, ce que je regrette; j'aimerais tellement ouvrir de nouveaux horizons, mais il y a du travail sous les vieux cieux bien connus. C'est peut-être pour cela que cette rentrée me paraît pénible, alors que j'adore d'habitude le mois de septembre.
  • La psychanalyse est loin d'être terminée, malgré des moments de distanciation allègres, faisant croire à la fin proche du travail.
  • La recherche de terrain est bien lancée, mais il faut continuer, faire les allers-retours, toujours chercher de nouveaux interlocuteurs, écrire les transcriptions, penser le différent et le semblable... Il reste tant de choses à faire, et je m'avachis, je sombre dans une espèce de léthargie.
  • Les cours de Néerlandais ne font sens que dans la mesure où je continue, au minimum une fois par semaine, à pratiquer cette langue qui pourrait m'être utile le jour où je recherche du travail. Et que j'aime bien, par ailleurs.
  • Mon travail d'accueillante bénévole dans un centre médico-psycho-social pour toxicomanes est devenue une véritable ressource pour moi, au fil du temps. J'y fais un travail concret, j'y rencontre des gens très différents, j'y ai ma place. Supprimer ce projet me ferait gagner du temps, mais j'y perdrai, je pense.
  • Quant au groupe de réflexion sur la santé mentale en exil que nous avons lancé au Luxembourg, les choses n'y n'avancent guère. Nous sommes trop peu nombreux et tout le monde y consacre l'énergie qui reste, après des emplois à temps plein. On se réunit aujourd'hui et j'espère une bonne relance pour l'année. Quand je pense que ce groupe devrait bientôt se transformer en association sans but lucratif, et travailler bénévolement dans le domaine...
Deux nouvelles envies quand même:
  • Rejoindre un groupe d'achat commun afin d'avoir accès à une nourriture de qualité qu'on achète directement aux fermiers. La dimension de l'échange autour de la nourriture m'y attire.
  • Danser! J'ai découvert un cours de danse contemporaine pour débutants qui pourrait être bien sympa...
Et vous? Quelle rentrée 2007?

jeudi 2 août 2007

Télé et moi

Weekend passé, je suis restée un jour et deux nuits toute seule dans notre maison de campagne. Vianden me manquait, et comme l'Homme enterrait encore des vies de garçon ce weekend-là, j'ai décidé que c'était l'occasion d'aller travailler seule au vert, histoire de se la couler un peu plus douce en semaine, avec lui. Il pleuvait et c'était bien fruste comme expérience de travail, sans chat ni Internet.

Le soir venu, je me jetais sur la télé pour y disparaître pendant quelques heures. Ce que j'aime à la Télé, c'est la télécommande. Zapper, suivre dix minutes des Orang Utangs dans un zoo en Allemagne, se raccrocher ensuite à un combat de boxe entre femmes, voir Anaïs chanter chez Nagui, puis regarder les nouvelles locales luxembourgeoises, et recommencer. Ne rien vivre en journée, mais accueillir le monde chez soi, le soir, dans sa boîte noire.

C'est pour éviter cette logique que je refuse la télé à la maison. Il y a toujours quelque chose de plus intéressant à faire que de la regarder. Comme causer avec les nains du voisin, par exemple.

Et vous, vous savez doser?

(Photo: Non, j'étais pas toute seule.)

lundi 16 juillet 2007

Fin de parenthèse

Ce matin dans mon lit, les jambes lourdes de trois jours de randonnée, me sont revenus certains moments de cette semaine-parenthèse qui prend fin aujourd'hui. J'ai revu les paysages, le soleil dans les arbres, un sentier qui se faufile. Je garde en mémoire l'odeur du bois, et toutes ses variations, en fonction du temps et de la végétation. Mais surtout j'ai songé, entre sommeil et éveil, à l'amitié et à ses faces multiples, à la singularité des relations. A nos différences, à nos complicités, à notre manière d'être bien ensemble. Et à l'importance vitale de les retrouver comme ça, tous ces gens, pour un moment qui dure plus qu'un repas ou un verre pris ensemble.

C'est donc avec une sensation de chaleur qui n'est pas uniquement due au temps, que je reviens aujourd'hui au boulot.

vendredi 6 juillet 2007

L'été devant soi

J'étais pendant de longues années habituée à jouir d'un long été-parenthèse dans le quotidien. Deux mois de temps libre, entièrement dévoués au farniente et aux voyages. Je passais du temps dans notre maison de campagne, je visitais des amis, je partais en voyage.

L'été a un peu changé de visage aujourd'hui. Cela reste une période propice aux relâchements et aux plaisirs de la vie, mais l'insouciance et la liberté absolue l'ont déserté depuis peu. C'est devenu un temps de petites parenthèses, entrecoupé par des moments de quotidien.
Cette année, dans le rôle des petites parenthèses déjà planifiées,
  • trois jours de randonnée dans les Ardennes belges
  • une semaine dans le Parc Naturel du Vercors
  • un gros, gros mariage
  • accueillir quelques jours des amis à Liège
  • une grande fête pour les 90 ans d'une adorable dame, amie de ma grand-mère défunte
  • les festivals
D'autres projets sont là, en suspens... Un gros voyage qui me turlupine (ce serait pour la fin de l'année), un changement de boulot pour l'Homme, un voyage en Sicile en automne. En attendant, les aventures internes continuent.

Et vous, votre été, il sera comment?

dimanche 1 juillet 2007

La saison des festivals

Le meilleur moyen de prendre la tangente tout en restant au pays, ce sont les nombreux festivals de musique organisés de part et d'autre en Belgique. Nous avons ouvert la saison ce weekend avec Couleur Café qui est un peu mon chouchou grâce à sa programmation world éclectique et son caractère urbain.

Cette année était particulière, étant donné qu'un incendie s'est déclaré vers 19:00h dans un des entrepôts au milieu du site. C'était impressionnant, 20.000 personnes ont été évacuées et deux heures après, les concerts ont repris. De la fumée noire a donc entrecoupé un superbe voyage musical de la Colombie (Yuri Buenaventura) au Maroc (Rachid Taha), en passant chez Ziggy Marley et Cassius, Daan et Buscemi... Mais c'est la musique d'Ismaël Lo qui m'a donné l'impression d'être arrivée quelque part. J'y ai passé un moment plein et rond et heureux.

Le Weekend prochain c'est les Ardentes à Liège, avec les Rita Mitsouko (ça doit être terrible!), Calexico, Olivia Ruiz, Archive, Hooverphonic etc. Et puis, et puis, et puis, j'aimerais aussi aller à Esparanzah qui est le plus politique et le moins commercial des festivals, le seul à ne pas être géré par Clear channel, le géant de la publicité américain... Avec donc des groupes peu connus et une ambiance altermondialiste. Embarquez, le voyage ne vient que de commencer!

(Photo: CD que j'écoute beaucoup ces moments-ci, évoque un peu la même chose chez moi que Ismaël Lo)

lundi 18 juin 2007

Vide/trop plein

J'ai toujours rêvé de vivre en communauté. J'en ai fait l'expérience enthousiasmante lors de mon service volontaire à Amsterdam.

Ce que j'aime dans la vie de groupe, c'est de ne pas devoir exister toute seule face au temps. D'être portée par les autres, leurs activités, leurs histoires, ou tout simplement leur présence. Se laisser vivre au rythme des autres. La version cheap de cela, c'est la télé. Elle fait semblant de combler un vide, mais une fois éteinte, elle le découvre davantage.

Je m'arrête à l'issue d'une après-midi de travail et je me dis, tout à coup, seule face aux chats, quoi maintenant? Que faire? Ce n'est pas de l'ennui, c'est simplement la nécessité de choisir une autre occupation. Et ce moment de passage m'est désagréable. Il me met brièvement face au vide : vite, autre chose! Surtout ne pas trop se pencher... Pour les gens qui travaillent à l'extérieur, ce passage se fait de manière plus naturelle, en quittant un lieu pour un autre.

Etre entourée de vide est la condition préalable à mon travail de recherche et de rédaction. Il suffit que l'Homme soit à la maison pour que ma concentration dévie de manière répétitive. Pourtant je reste attirée par ces sociabilités moins classiques, plus fluides que celles j'ai l'habitude de vivre. Ce serait uniquement à cause des impératifs de la productivité que ces formes de sociabilité ne se soient pas répandues? Et rien que les voisins et les amis qui passent à l'improviste, est-ce que je les supporterais, à la longue?

Après la communauté, la colocation et la vie célibataire, la vie de couple me convient bien. Enfin, la légèreté d'Amsterdam était bien aussi, mais c'était autre chose...

(Photo: Amsterdam. Je me permets de montrer tous ces gens que j'ai perdus de vue. Donc si vous vous reconnaissez, n'hésitez pas ;-)

dimanche 10 juin 2007

Mecha in luxe

J'ai un terrible aveu à vous faire. Terrible surtout suite au post de vendredi sur le fric au Luxembourg et ma non-identification avec ce monde.

Voilà, je me suis laissée entraîner dans une virée shopping avec ma maman et ma soeur où j'ai été bien gâtée. Un samedi après-midi à faire les boutiques dans le grand style, se terminant sur un dîner en famille dans un des meilleurs restaurants de la ville. C'était une journée délicieuse.

Des questions? Sur l'identité luxembourgeoise en général et la mienne en particulier?

(Attention ceci n'annule en rien le post précédent. J'ajoute uniquement que je remercie mes parents aussi pour les choses matérielles)

samedi 2 juin 2007

Epicer

Depuis notre retour de France, j'ai très envie de faire de bons petits plats. Ce besoin de cuisiner est chez moi cyclique. Il croît parallèlement à un intérêt majoré pour la nourriture, récurrent lui aussi. Est-ce la lune, le temps, les cellules graisseuses?

Il y a des semaines où on se fait surtout des soupes ou des pâtes, et puis, de temps en temps, envie de plus de sophistication, de viandes, de sauces, de nouvelles recettes, et bien sûr, de desserts. Une glace ou une patisserie faite maison, quel bonheur!

C'est en paressant au jardin, en-dessous des pots d'épices que j'ai été témoin des incitations à la gourmandise suivantes:
Le romarin appelle un gigot d'agneau de 7 heures, la menthe pousse en vue d'un taboulé, le basilic désire se marier avec des aubergines et de la mozzarella, la coriandre n'attend qu'une bonne soupe carottes-orange. Et la sauge, la sauge, elle me fait déjà rêver depuis un moment à des "gnocchi burro e salvia", des gnocchi sauge et beurre, simplicité et décadence extrêmes, réunis dans un seul plat!

(Depuis que la photo a été prise, la rangée s'est bien étoffée, en pots et en épaisseur )

vendredi 1 juin 2007

A la maison

Je savoure le fait d'être à la maison ces jours-ci. Le prix à payer, c'est du travail théorique à abattre, mais vu le temps, je suis bien derrière mon ordinateur. Et le nomadisme professionnel va bientôt reprendre, de toute façon.

Pour ce weekend, mon agenda affiche une rare (presque-)virginité. Le temps n'est donc pas écrit. Le temps annoncé serait plutôt beau. Je me réjouis.

Finalement je me fais bien à la dialectique partir-revenir, délaissant celle du partir-repartir. Je suis justement en train de préparer un weekend-randonnée dans les Ardennes pour la mi-juillet. Et je lis des guides touristiques sur l'Afrique, non sans appréhensions. Puis-je réellement ARRETER tous mes projets pour partir quelques semaines dans un autre monde? Et si je ne reviens pas?

mercredi 30 mai 2007

Nomade toujours

C'est étrange comment je suis heureuse en randonnée. Que ce soit à pied ou en vélo, la vie est parfaite quand pas après pas, je poursuis mon chemin. La pluie, le froid, le vent ou la chaleur n'y changent rien. Deux heures après le départ je suis libre de tout, il n'existe plus que la nature, l'effort, le moment présent.
De retour en Belgique, j'espère conserver un peu de cet esprit et garder :
  • une certaine capacité de lâcher prise par rapport aux impératifs du travail. Dans la vie quotidienne, mon travail gonfle jusqu'à devenir le pôle autour duquel tout est en orbite. Serais-je capable de relativiser l'importance de ce que je fais tout en continuant de le faire honnêtement? Là, j'ai rencontré des gens qui vivent dans une optique de décroissance et de limitation de la consommation, cultivant leur jardin et construisant eux mêmes leur maison. C'est rafraîchissant. Quelle force d'être capable de dire non à l'impératif "travailler plus pour consommer plus"!
  • la patience que j'ai en attaquant une côte. En entamant une montée, je sais que j'y arriverai et je pédale jusqu'à ce que j'y suis, c'est tout. Pas de doutes, pas de drame, j'avance et donc je suis.
  • la chaleur de l'accueil de nos amis, et des amis de nos amis.
  • pleins de souvenirs heureux: un joyeux repas d'anniversaire, des descentes où l'on crie, la rencontre périlleuse avec des lamas au fin fond de l'Allier, des petits-déjeuners de rêve...
(Photo: par Luc, Condroz namurois 2003)