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mardi 23 octobre 2007

Cinéma et vie

Après celui-ci (littéralement "Contre le mur"), film coup de poing sur l'amour, d'une beauté inouïe, c'était difficile de faire mieux. Et pourtant...

Faut dire qu'il s'est bien débrouillé, Fatih Akin. Car "Auf der anderen Seite" ("De l'autre côté") est encore un superbe film. C'est plus en douceur, l'émotion est moins concentrée, mais pas moins intense. Elle se répartit ici sur 6 personnages, trois couples parent-enfant, turcs et allemands, que la mort va partager et que la vie va balader, entre l'Allemagne et la Turquie.

Moi je continue à me balader entre Liège et Luxembourg. Pour des entretiens de recherche, toujours, que je vis entre le plaisir et la douleur. Le plaisir de rencontrer des personnes, et la douleur de recevoir sans pouvoir donner, sans retourner vraiment. Heureusement que le groupe de réflexion sur la santé mentale des exilés au Luxembourg existe, c'est ma contrepartie et ma ressource. (Peut-être allons-nous participer à un appel à projets pour des fonds... Vivement du travail clinique!) Ce post dit si bien ce sentiment de redevance voire de dette du chercheur en sciences humaines. Je ne peux traîter l'humain comme objet (de science), sans que je ne me sente comme traître pour l'homme.

Parfois j'envie ceux qui font un travail créatif, sans être sous la tutelle de la science, ceux qui comme Fatih Akin font des merveilles de film, capables de dire plus sur la vie que toutes les sciences réunies. Parce qu'ils ne cherchent pas à la maîtriser.

dimanche 22 juillet 2007

Summerlach*


C'est quand les journaux sont de plus en plus en légers et que les gens sont de plus en plus difficiles à joindre, les rues de plus en plus vides, qu'on sait qu'est-arrivé le "trou de l'été". L'été n'est nullement troué, il constitue lui-même une vacuité dans la densité de l'année professionnelle, un moment d'accalmie et de productivité ralentie. Ce n'est pas le moment de lancer des projets, ni de chercher du travail ou d'acheter d'appart, c'est néanmoins une période propice au mariage. Tout comme le dimanche, le "trou de l'été"* peut s'avérer très cafardeux quand il pleut et que nous nous acharnons à nier sa réalité. Il est par contre un grand bienfait lorsque notre approche du vide relève d'une certaine complicité.

Ce blog suit la logique de l'été, il se fait rare, involontairement, produisant que ci et là encore un petit billet. Pourtant je suis là, je travaille, je vis, je respire au quotidien. Je vais même au cinéma, où j'ai vu récemment deux films absolument recommandables, After the Wedding et Cages. Le premier, une histoire de famille passionnante, le second, une histoire d'amour existentielle.